
On voit mieux de loin
Stéphane Nowak Papantoniou
C’est l’histoire de quelqu’un qui regarde des dizaines de fois les mêmes films au point de les confondre avec son intériorité. À moins que ça ne soit sa vie qui ressemble aux films.
Au départ il y a La passion de Jeanne d’Arc de Carl Theodor Dreyer, Scarface de Brian de Palma, et Vertigo d’Alfred Hitchcock. Ensuite il y en a d’autres. On ne les a pas forcément vus. Ce n’est pas grave. Ici, les images deviennent littérature et c’est là une des réussites de ce livre.
On te pointe du doigt
On te vise dans le dos
On te regarde regardant vers le bas
Elle croit entendre le fils
Il croit qu’il est presque au sommet
Il croit voir Jeanne en Madeleine qui est n’est pas Pauline ni Carlotta
Ça parle à en devenir assourdissant
Ça tire avec un silencieux
Ça tourne en symphonie
Pourquoi s’habille-t-elle en homme ?
Pourquoi retourner chez sa mère ?
Pourquoi la chercher encore ?
Les juges sont inquisiteurs et omniprésents
Les juges sont dubitatifs et impuissants
Les juges croient en la vraisemblance du suicide