- Nathanaël




Essayiste, poète et photographe accidentel, Nathanaël est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages écrits en anglais ou en français, parfois en s’auto-traduisant. Elle a traduit des ouvrages d’Édouard Glissant, de Hervé
Guibert, Danielle Collobert, Catherine Mavrikakis et Hilda Hilst (cette dernière en collaboration avec Rachel Gontijo Araújo).
Nathanaël vit à Chicago.



  • La mort de ma sœur

    72 p., 14/19 cm, 12 €
    isbn : 979-10-97146-13-9

    La mort de ma sœur est un carnet phototextuel qui dit l’indignation d’une géographie confrontée au corps lointain du cinéma. Rébarbatif aux formes finales, ces écrits qui assument la forme parfois de lettres sans destinataire, disent l’intimité d’une géologie au fil de lectures et de films parfois incléments, où l’eau qui s’infiltre déplace à nouveau le cadavre égaré. À en croire ses itinéraires éclatés, l’orage tropical qui s’abat sur une côte intérieure du Midwest américain accède à son présent dans un certain cinéma japonais. D’os et d’eau, La mort de ma sœur est un livre, comme l’épiphyte, déraciné.

    Extrait :

    Mais comment se fait-il que c’est par l’écriture que l’on disparaît ? (Tu arrives à l’impromptu, devant la porte ou sur la grève  : tu cries ton nom, tu cries des traînées de salive, les mains dégoulinantes de sève, le corps hanté par la rue où tu t’es croisé, surpeuplé de cadavres, tu dis, et moi quand je me lève et m’approche c’est la houle qui m’abat et si je tombe dans tes bras c’est une forme de désuétude, car tu vis bien au-delà de ce que je sais vivre, et dans ta façon de le dire, tu le cries pour ne pas te faire entendre, alors j’écoute auprès de la même peau qui t’essuie, ce que tu dis du désir et de l’anéantissement de ton sexe, une sorte de recul, alors tu coules, l’apparition que tu appelles a la même forme que la chose attribuée au mot lointain que tu sommes au moment de me rencontrer, en bas, sur la grève, devant la bouche de l’innombrable ville qui te happe afin que tu sois nommé.)

    PNG - 1.2 ko